Dans les coulisses - Sur la route des plus beaux villages de France

October 12, 2017

Maintenant que vous avez lu les quatre articles sur toutes les villes que j’ai visité au cours de mon périple « sur la route des plus beaux villages de France » (oui je sais que vous les avez tous lu avec beaucoup d’attention), voici le dernier de la série. Celui où je vous révèle tous les petits secrets de ce voyage : mes sentiments, les choses insolites que j’ai pu croiser, les coulisses d’un voyage en camion aménagé en solo, etc.

 

POURQUOI LES PLUS BEAUX VILLAGES DE FRANCE ?

 

Et pourquoi ceux du sud-ouest ? Et pourquoi ces villages particulièrement ?

En voilà des questions ! Reprenons donc depuis le début.

 

L’association des Plus Beaux Villages de France est né de la rencontre de Charles Ceyrac, alors maire de Collonges-la-Rouge et d’un livre intitulé « Les plus beaux villages de France ». De cette rencontre jaillit l’idée d’unir force et passion pour sauvegarder et promouvoir un patrimoine remarquable hérité de l’histoire : 66 maires suivront Charles Ceynac dans cette aventure officialisée le 6 mars 1982 à Salers, dans le Cantal.

Aujourd’hui le réseau national est constitué de 155 villages, tous représentés par leur maire ou un élu désigné au sein de conseil municipal. Préserver et valoriser le patrimoine de ces lieux d’exception pour accroître leur notoriété et favoriser leur développement économique, telle est l’ambition de ce concept.

Il faut répondre à des critères précis pour candidater dont les deux suivants :

  • Avoir une population agglomérée inférieure ou égale à 2000 habitants

  • Posséder 2 sites ou monuments protégés (comme les monuments historiques)

La sélection est rigoureuse et une fois classé, un village poursuit ses efforts de protection de valorisation. Des réexpertises ont lieu régulièrement, permettant de garder une dynamique au sein de l’action de conservation.

 

Vous ne le savez sans doute pas mais j’ai une licence en management du patrimoine culturel (ou comment gérer, conserver et valoriser le patrimoine culturel). Je suis donc très sensible à tout ce qui touche ce secteur : architecture, histoire, histoire de l’Art, etc. Et j’ai un certain penchant pour le patrimoine bâtit. Je suis fascinée par la créativité, les prouesses techniques, le contexte dans lequel l’architecture évolue et les bâtiments remarquables qui en résultent.

Depuis quelques années, je souhaite visiter Saint-Cirq-Lapopie (et je l’ai fait ! Les images ici).

Pour la première fois depuis mon indépendance, j’ai eu l’occasion de partir en vacances seule. J’ai donc évoqué l’idée de me rendre à Saint-Cirq-Lapopie, un des plus beaux villages de France, il y a quelques mois de cela. Ma petite maman m’a donc offert, pour mon anniversaire, le guide officiel des plus beaux villages de France (je ne savais même pas qu’il en existait un !).

J’ai donc décidé des villages que j’allais visiter en fonction de la zone géographique entre Nantes et Saint-Cirq-Lapopie, du temps qui m’était imparti et grâce aux photos et descriptions qui me plaisaient dans le guide. Tout en me disant que rien n’était figé et que je pouvais aussi me laisser porter par le vent vu que j’étais seule donc sans aucune contrainte.

 

L'INSOLITE ET LE DRÔLE

 

Sur ma route j'ai déniché de l'étrange et des objets qui m'ont fait sourire, rire parfois. Autant vous en faire profiter.

 

 

VOYAGER EN SOLO PENDANT 5 JOURS

 

Prendre la décision de partir toute seule en vacances n’a pas été un choix de ma part, dans un premier temps. Disons plutôt que j’ai subi cet aléa en fonction des circonstances qu’offrait ma vie à ce moment. J’étais donc remplie de craintes face à ce voyage. Comment allais-je m’en sortir ? Ne vais-je pas m’ennuyer ? Si je tombe en panne au milieu de nulle part, j’appelle qui ? Papa et maman ? Et si je me fais agresser, il n’y aura personne pour m’aider ! (Dans ce genre de situation, on pense toujours à ce qu’il y a de plus réjouissant et de façon intelligente…).

Au fil des mois, force était de constater que je vis seule depuis déjà longtemps et que des vacances en solo c’est comme le quotidien mais en mieux. J’ai donc cessé d’avoir peur et de me poser des questions. Sauf une : quand est-ce que je pars ? J’avais vraiment hâte de tester cette expérience nouvelle pour moi.

Au vu de mes finances et sans voiture (je ne serai pas allée loin avec mon vélo en 5 jours), je ne pouvais me permettre de louer ni un véhicule ni des hébergements. L’idéal était une maison mobile. Et comme j’ai des amis formidables, deux d’entre eux possèdent un camion aménagé qu’ils ont accepté de me prêter. C’était parfait.

 

Me voilà donc partie sur les routes de France jusqu’en Corrèze, Lot et Aveyron en passant par le Limousin et la Dordogne, vivant en autonomie totale dans un camion aménagé : un lit douillet, une kitchenette, une glacière électrique, quelques placards et des petites toilettes (qui m’ont sauvé la vie). Un guide et une bonne dose de bonne humeur.

 

Voici quelques conseils pour tous ceux et toutes celles qui souhaitent réaliser un projet similaire :

  • 5 CD pour un voyage où la moitié du temps se passe sur la route n’est vraiment pas assez !

  • 1 audio livre c’est bien. 2 ça aurait été mieux.

  • Prévoir de la lecture. Beaucoup. Ou une activité, qui puisse se faire en solo, qui s’emporte facilement et surtout qui se pratique partout.

  • Pour la gent féminine (quoique) : se faire une épilation définitive avant de partir. Ou choisir de ne pas s’épiler et assumer ses poils en short et t-shirt. On s’en fout des poils après tout, on est toute seule ! Ou accepter de se raser avec l'eau d'une bouteille cristalline (ça fait les jambes douces. Testé et approuvé.). Ou trouver des douches publiques. Ou sympathiser avec des gens et leur emprunter leur salle de bain.

  • Prendre une carte de France. Vous avez beau savoir où vous allez et votre superbe smartphone dernier cri possède un GPS méga puissant mais là où vous vous rendez, internet ne passe plus. Et malgré les panneaux, connaître sa direction ce n'est pas mal. Un GPS ? Il monopolise l’allume-cigare sur lequel est déjà branchée la glacière électrique dans laquelle se trouve votre repas du soir. Et pour tout avouer, une carte c’est tellement plus charmant : on regarde le paysage, on profite, on se perd et on découvre un lieu qu’on n'était jamais censé voir !

  • Ne pas s’éparpiller et vouloir tout voir à tout prix. Ne pas faire les visites trop vite. Prendre le temps. Profiter. Le temps est à vous. Complètement.

  • Ne pas oublier l’égouttoir. Le riz et les pâtes c’est pratique. Sauf sans égouttoir.

 

Voyager seule en autonomie a été une expérience totalement bénéfique pour moi.

J’y ai découvert le sentiment puissant de LIBERTÉ !

 

Aucune contrainte matérielle : mon véhicule et mon logement ne faisaient qu’un et étaient disponibles quand je le souhaitais (les commodités aussi donc). J’avais fait mes courses pour la semaine donc aucun besoin de traîner dans les commerces alimentaires. J’avais tout ce dont j’avais besoin.

Aucune contrainte morale : personne ne me donnait son avis sur ma façon de faire les choses, sur ma façon de m’organiser ou de faire mes visites. Personne à qui me plaindre donc aucune raison de me plaindre. Aucune raison de culpabiliser de me coucher trop tôt car je n’avais rien à faire d’autre que lire et de dormir quand le soleil se couchait.

Aucune contrainte financière : ah si pardon. Le budget étant limité je n’ai pas pu faire durer mon voyage. Je n’ai eu quasiment aucune dépense mise à par l’essence (qui est déjà bien trop chère).

J’ai donc fais ce dont j’avais envie quand j’en avais envie. Prendre autant de photos que je veux. Visiter les villages que je veux et à mon rythme. Manger quand j’ai faim. Me suffire à moi-même.

 

Je me suis justement retrouvée face à moi-même et je me suis drôlement bien entendue. Je ne me suis pas ennuyée une seule fois, je ne me suis jamais engueulée et je me suis même fait rire !

En revanche j’ai découvert mon côté téméraire. Je l’ai cherché plutôt car il s’avère que je ne le suis pas. Un escalier à vis avec des marches beaucoup trop étroites et hautes ? J’ai eu peur. Un chemin sombre où le doux bruit d’une cascade se fait entendre ? Je ne m’y suis pas aventurée (j’ai attendu qu'il fasse grand jour). Encore des marches étroites, trop hautes et des trous dans les murs (avec vue sur le vide)? J'ai tenté de faire bonne impression ...

J'ai tout de même eu la chance d'aller dans des départements qui n’étaient pas très dangereux. Peu de population à l’année alors vous imaginez en hors saison ? Je n’ai croisé que des cars de touristes du 3ème âge. La délinquance ? Je crois qu’ils ne savent même pas ce que ça veut dire.

 

Au-delà de me sentir en totale confiance de jour comme de nuit (sauf dans les escaliers des vieux châteaux, comme vous l'aurez constaté), les villages où je suis allée n’excédaient jamais les quelques milliers d’habitants. De par leur nature de plus beaux villages de France, ils ont été remarquablement conservés et il est très difficile d’y implanter de nouvelles structures modernes. Grâce à cela, ils ont gardé le charme fou de ces petits villages du sud-ouest du siècle dernier. Je me suis sentie hors du temps, complètement coupée de la réalité nantaise. Comme si tous les problèmes du monde n’avaient aucun impact dans ces endroits. Le temps ralentit et chacun possède la liberté d’en profiter comme bon lui semble.

Cela m’a fait un bien fou de ne plus sentir aucune pression sociale, morale, ou professionnelle pendant ces quelques jours.

 

J’ai grandi à la campagne. Je suis censée savoir ce que cela fait mais mes 5 ans à Nantes ont totalement laissé place au dynamisme de la vie urbaine. Cela fut agréable de retrouver ce sentiment, loin du tumulte de la ville et de ses problématiques. Sentir que sa vie n’appartient qu’à soi, que le temps n’est pas compté et qu’il n’y aura personne pour briser cette harmonie.

Je me suis également rendu compte, dans le fait de vivre seule dans un espace étroit et dans des conditions bien plus basiques qu’habituellement, que je m’obligeais à avoir une certaine rigueur dans la tenue de ma maison provisoire. Afin de m’y sentir au mieux. Je ne manquais de rien (sauf peut-être d’une douche sur les derniers jours) et je ne me suis jamais dit que je manquais de confort. Je me suis contentée de ce que j’avais. Plus on a, moins on se rend compte de ce que l’on a. Plus le confort est grand, plus l’on devient paresseux.

 

 

Je n’ai pas fait ce voyage pour me trouver spirituellement, intérieurement. Je voulais simplement être en phase avec moi-même. C’est exactement ce qui s’est passé. Cela aurait mérité d’être un poil plus long mais ce sera pour le prochain voyage !

Vous hésitez à partir seul(e) ? Pas besoin d’être trop débrouillard, il suffit de vous dire que vous allez le faire et vous le ferez. Et surtout, vous ne regretterez pas.

Bon d’accord, je n’ai pas pris beaucoup de risques en partant dans cette région à cette saison mais vous pouvez partir où vous voulez quand vous voulez. Ailleurs en France, à l'étranger, en plein été ou au milieu de l'automne. L'autonomie vous donne la liberté d'aller où bon vous semble. Si vraiment vous avez peur de partir loin ou dans des contrées moins familières, allez dans ce genre de coin tranquille, où je me suis rendue. Il y en a plein de France. On s’y sent bien. Vraiment. Nous avons un petit pays mais qui possède une très grande diversité de paysages.

 

Je finirai par une citation d'Honoré de Balzac, qui devrait tous nous inciter à découvrir mieux notre charmant pays. Et le partager avec les autres.

"Ce qu'il y a de plus étranger en France, pour les français, c'est la France"

 

Share on Facebook
Share on Twitter
Please reload

RECHERCHE PAR CATEGORIE
Please reload

RECHERCHE PAR TAGS
POSTS SÉLECTIONNÉS
Please reload

SUIVEZ-MOI
  • Black Facebook Icon
  • Black Pinterest Icon
  • Black Instagram Icon

© 2023 by Design for Life.

Proudly created with Wix.com

  • White Facebook Icon
  • White Instagram Icon
  • White Pinterest Icon
  • White Twitter Icon